Christelle Cozzi Voloir : une maroquinerie de luxe responsable

C’est une voix calme et assurée, qui mesure chaque mot. Et derrière cette retenue, une exigence constante. Celle du travail bien fait, du sens donné aux choses, et de l’envie sincère de faire les choses autrement.
Christelle Cozzi Voloir est la fondatrice de Voloir, une maison de maroquinerie de luxe qui conjugue esthétisme, fonctionnalité et respect de l’environnement. Une équation ambitieuse, pensée dans les moindres détails.

Du commerce à la création : un parcours construit avec précision

Rien ne destinait Christelle à fonder une maison de luxe. Ou presque.
Passionnée par les sacs à main depuis l’adolescence — un déclic survenu en 2010 en découvrant le modèle 24h de Gérard Darel en édition limitée — elle forge, au fil des années, une véritable culture du produit :

« Je connaissais les histoires des marques, les modèles, les matières, je passais des heures dans les boutiques. C’est devenu une vraie expertise, presque malgré moi. »

En 2017, elle découvre le retail. Vendeuse, puis manager, puis directrice de magasin, elle gravit rapidement les échelons et se découvre une passion pour le commerce.
Mais c’est en 2022, dans un contexte personnel difficile, qu’elle franchit un cap. Tout en terminant son MBA en stratégie et digital, elle travaille sur un projet de fin d’études. L’objectif : créer une marque. Le résultat : Voloir.

Le nom s’impose de lui-même. Un hommage à son père, Paul Voloir, amateur d’art et d’objets singuliers. Le jury est conquis.

« Ils m’ont dit : ‘Vous devez en faire une vraie entreprise.’ Je ne l’ai pas pris au sérieux, au début. Mais la graine était plantée. »

Voloir : une maison née d’une exigence personnelle

Christelle ne voulait pas simplement lancer une marque. Elle voulait créer un nouveau courant du luxe, plus responsable, plus honnête, plus ancré.
Le projet prend forme lentement, au fil de 17 mois de recherche et développement.

« Je ne savais pas par où commencer. J’ai dû tout apprendre, seule. Aller à la rencontre des bons partenaires, comprendre les processus techniques, affiner le dessin, tester les cuirs… Je ne voulais rien laisser au hasard. »

Chaque détail compte. Le cuir, upcyclé à partir de stocks dormants de maisons de luxe, est sélectionné pour sa résistance. Le design du premier modèle, Paul, est travaillé pour être fonctionnel, élégant et durable. Numéroté, fabriqué en France, pensé pour durer.

Mais tout ne se passe pas comme prévu : des matières qui marquent, des prototypes à revoir, des mois perdus… ou plutôt gagnés.

« Sur le moment, je l’ai vécu comme un échec. Mais avec du recul, je sais que je ne pouvais pas sortir un produit dont je n’étais pas entièrement satisfaite. Pour moi, c’est ça, le vrai luxe. »

Un luxe confidentiel, sincère et maîtrisé

Chez Voloir, le luxe ne réside pas dans la démonstration, mais dans la cohérence.
Pas de collection pléthorique, pas de soldes, pas de discours décoratif.

« Je veux que chaque pièce soit pensée, réfléchie, désirée. Il n’y aura jamais plus de 100 exemplaires par couleur. Je veux que la marque reste confidentielle, pour les connaisseurs. »

Ce souci de l’intention se retrouve dans chaque geste : sourcing local, production raisonnée, packaging en quantités exactes, sacs réparables… L’approche est rigoureuse et incarnée.

Et surtout, elle est personnelle. Lorsqu’un proche offre un sac Paul à sa grand-mère, la réaction est immédiate :

« Elle a pleuré. Pas parce que c’était mon sac, mais parce qu’elle m’a dit : “Je n’ai jamais reçu une pièce aussi belle de ma vie.” C’est ça que je veux transmettre. Une émotion. Une histoire. »

Un regard vers l’avenir

Dans cinq ans, Christelle imagine Voloir avec sa première boutique en propre, à Paris. Le quartier de Beaubourg l’attire particulièrement,

« Parce que c’est là que j’ai fait mon premier pop-up, et que j’y ai ressenti quelque chose de très fort. »

Elle envisage également Nantes, sa ville de cœur, pour une future implantation.

D’ici là, le plan de collection est déjà établi jusqu’en 2027. De nouveaux modèles sont en développement, avec le même souci du détail et de la fonctionnalité.

« Je veux qu’on se dise : j’ai besoin d’un sac pratique, bien conçu, éthique… je vais chez Voloir. »

Un héritage à transmettre

Plus qu’un projet entrepreneurial, Voloir est une manière de prolonger l’héritage paternel. Le goût de l’art, le souci du détail, l’amour des belles choses.
Mais Christelle souhaite aussi laisser une empreinte managériale.

« J’ai souvent été critiquée pour être trop proche de mes équipes. Pourtant, j’atteignais toujours mes objectifs. Je crois qu’on peut diriger sans écraser. Être exigeant sans être autoritaire. Pour moi, c’est ça aussi, l’héritage que je veux transmettre : une autre manière d’entreprendre. Plus humaine, plus honnête. »

Une fondatrice, une vision

Quand on lui demande ce que représente le luxe, elle répond sans détour :

« C’est quelque chose qui a été pensé. Qui a une âme. Une intention. »

Son mantra personnel —

« Ne lâche pas la proie pour l’ombre » — résume bien son parcours. Ne pas céder à la facilité. Garder le cap. Rester fidèle à sa vision.

Voloir est le prolongement naturel de cette philosophie.
Une maison discrète mais audacieuse, élégante mais accessible, rigoureuse mais profondément sincère.
À l’image de celle qui l’a créée.

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